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Le 22 juillet 2007 - Escale de L'Oceanic Viking à Port-aux-Français
Aujourd'hui, le train-train habituel de la base est quelque peu chamboulé par le passage d'un bateau australien : l'Oceanic Viking. Ce bâtiment à consonance scandinave est un patrouilleur des pêches et des douanes dont l'une des missions est la surveillance des ZEE (=zones économiques exclusives) françaises et australiennes, s'étendant autour de l'archipel des Crozet, l'archipel des Kerguelen, l'île de Saint-Paul et d'Amsterdam, l'île d'Heard et les îles McDonald (territoires australiens).
L'Oceanic Viking au mouillage dans la Baie de l'Aurore Australe, entre l'îlot Channer et la base de Port-aux-Français (Golfe du Morbihan, est des Kerguelen). Au premier plan : Notre Dame des Vents.
Certains pafiens se transforment parfois en véritables vikings!
Ici l'un des deux Ecobios de la 57ème mission. Dédicace spéciale à mon neveu passionné par les vikings!
L'Oceanic Viking a pour port d'attache Hobart en Tasmanie
Ce navire mesure 105,6 m de long et pèse 9000 t (pour comparaison, le Marion Dufresne II, bateau ravitailleur des TAAF : 120,5 m pour 10 380 t en déplacement). Cet un ancien cablier construit en Norvège en 1996 a été reconverti, suite à son rachat, en bateau de surveillance des eaux tourmentées de l'hémisphère sud.
Grâce à des accords signés entre l'Australie et la France, les douaniers et les contrôleurs de pêche des deux nations collaborent. Ainsi, chaque navire embarque du personnel de l'autre nationalité en plus de son personnel. Par exemple pour l'Oceanic Viking : il compte à son bord un contrôleur(s) des pêches et un douanier(s) français. Concrètement sur le terrain, le navire pourra intervenir de ce fait dans les ZEE françaises et vice versa.
La ZEE sétend à 200 miles nautiques (370 Km) des côtes françaises et australiennes soit un cumul de 1 615 000 Km² pour les îles subantarctiques et subtropicales françaises (3 fois la surface de la métropole) et 410 722 Km² pour les îles australiennes.
L'Oceanic Viking (douanes australiennes), le patrouilleur l'Albatros, les frégates le Floréal et le Nivose (Marine Nationale) et le patrouilleur l'Osiris (TAAF) ont essentiellement pour mission de pourchasser les pirates de Légine australe (Dissostichus eleginoides) dans l'Océan Austral. Ce poisson de fond, des eaux froides, est de grande valeur. Il est prisé sur le marché asiatique.
Pour mémoire, les États perçoivent les droits de pêche sur leurs ZEE respectives.
À l'occasion de l'escale - comme à l'accoutumé - des "échanges" de personnel ont lieu entre le navire et la base. Nous sommes embarqués sur les puissants zodiacs de l'Oceanic pour nous rendre à bord quelques heures pour une visite guidée fort sympathique. À l'inverse, les personnels du bord descendent à terre pour se dégourdir les jambes et boire un verre en compagnie de pafiens à Totoche ("l'Amiral" : le bar de la vie com' de Port-aux-Français).
Visite de la passerelle (timonerie) de l'Oceanic Viking
Équipement de télécommunication et autres appareils de bord
Un salon de repos bien feutré
Une belle journée franco-australienne!
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Du 13 au 16 juillet 2007 - Vers Pointe Suzanne
Une manip de quatre de jours nous emmène à nouveau vers l'extrémité du Golfe du Morbihan à la recherche des Cormorans de Kerguelen (Phalacrocorax verrucosus) bagués. La folle équipe se compose d'un ornitho, du poptruite, du popmarées (géophy) et du popsatellites. En avant pour de nouvelles aventures.
Vestige du passé...
Lors des premières missions aux Kerguelen, en particulier dans les années 1950, il était d'usage de circuler à bord de véhicules motorisés à chenilles, les weasels. Cela concerne particulièrement la partie est de la Péninsule Courbet. C'est le même type d'engin qui a servi pour les Expéditions Polaires Françaises en Antarctique.
Dans leurs écrits, le géologue Aubert de La Rue et le chef d'expédition Michel Barré décrivent respectivement pour les Kerguelen et la Terre Adélie leurs péripéties avec ces engins...
Aux Kerguelen, certaines machines en panne ou embourbées dans les souilles (zones marécageuses) ont tout bonnement été abandonnées sur place!
Le weasel photographié se situe sur l'Isthme Bas. Mais il y en a également un sur la presqu'île du Prince de Galle et un autre découvert occasionnellement par les marées non loin du Cap Ratmanoff (Est de la Péninsule Courbet).
Vue imprenable sur les falaises du Cap Milon
Les Phalacrocoracidae sont au rendez-vous (nom scientifique de la famille de notre bête à plumes, star du jour).
Celui-ci fait le beau!

Derrière lui : la Passe Royale et le Pouce (sommet de 744 m marquant de sa forme particulière la partie nord de la presqu'île Ronarch). Un relais radio se situe à côté de ce fameux relief. Il ne permet non pas d'écouter le "Fou du Roi", "Là-bas si j'y suis", ou autre émission radio-diffusée mais de mettre en relation les personnels sur le terrain avec un technicien radio en veille sur la base de Port-aux-Français (BCR = bureau des communications radio). Chaque soir, à 17h30 très précisément, chaque équipe de manipeurs (jargon local) réalise une vacation radio à l'occasion de laquelle il précise si tout va bien ("BCR, BCR pour Pointe Suzanne", "BCR j'écoute", "Bonsoir, ici à Pointe Suzanne tout va bien") et prend la météo du jour. Cette opération routinière, mais toutefois très importante, est généralement suivie d'échanges entre différentes équipes sur le terrain. Les sujets vont du nombre de chats capturés (étude sur le Félidé des Kerguelen), passent par la dernière recette concoctée en cabane ou concernent de façon plus pratique des questions purement logistiques.
Revenons à nos plumes

Celui-ci fait sa toilette. Ah, avec tous ces embruns, on n'en finit pas de se nettoyer le plumage!
Un bagué!
Chouette! Ah non, Cormoran! Nous ne sommes pas bredouille. Cet individu immature (noter les taches sur le ventre) est doté d'une bague de type darvik jaune qui nous permettra de l'identifier. Il a été bagué poussin à Pointe Suzanne même. Pour cette espèce, le baguage permet notamment d'étudier la dispersion des jeunes par rapport à leur lieu de naissance.
À côté, les mammifères marins dorment profondément
L'Otarie des Kerguelen (Arctocephalus gazella) a été
l'une des grandes victimes de l'âge de gloire des phoquiers dans les îles
subantarctiques. Du XVIIIème siècle au début du XXème,
elles ont largement été massacrées pour leur fourrure pendant que les Éléphants
de mer (Mirounga leonina) et les baleines l'étaient pour la graisse.
[NDLR : les phoquiers ne s'intéressaient pas seulement aux phoques (éléphants
de mer).]
Les colonies répondaient aux abonnés absents sur la péninsule Courbet dans les
années 1950 lors du passage d'Aubert de La Rue. La mission de 1952 en a vu 12
toutes observations cumulées...
Aubert de La Rue précise que de 1800 à 1874, 1 200 000 peaux d'otarie ont été exportées
des Kerguelen vers ... la Chine. Ce chiffre en dit long sur la véritable
boucherie qui a sévi par le passé.
Depuis, l'espèce est protégée et les populations se sont en partie
reconstituées : l'est de Courbet abrite plusieurs milliers d'individus qui
reviennent année après année se reproduire sur ce bout de terre.
Jusqu'en 1963, la S.I.D.A.P. (Société Industrielle des Abattoirs Parisiens) exploitait une usine d'exploitation de graisse d'Éléphant de mer à Port-aux-Français. Ce phoque est à présent, comme l'Otarie des Kerguelen, totalement protégé.
Un p'tit clin d'oeil aux arches basaltiques de Pointe Suzanne











