130607
24 au 28 mai - Île Verte (Golfe du Morbihan)
Manip Ecobio
Ma première manip non ornitho!
L'Île Verte se situe dans le Golfe du Morbihan, non loin de la presqu'île Ronarch. Les deux VCATs Ecobio y étudient la recolonisation par les espèces végétales autochtones suite à l'éradication du Lapin (Oryctolagus cuniculus) à partir de 1992.
Le Lapin est l'une des espèces introduites aux conséquences catastrophiques sur un écosystème subantarctique fragile comme celui de Kerguelen. À la liste, on peut ajouter le Chat haret (Felis catus), le Rat noir (Rattus rattus) et la Souris commune d'Europe (Mus musculus).
Le Lapin a été introduit à partir de 1874 sur la Grande Terre puis sur plusieurs îles à des fins alimentaires.
Le Chou de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica)
Depuis 1992, le Chou de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica) recolonise doucement l'île Verte grâce au flottage des graines provenant des îles voisines. Actuellement, les pieds de Chou occupe donc les bordures de Verte. En arrière plan, le Pouce (744 m) se détache de la presqu'île Ronarch séparée seulement d'une passe (Passe de l'Hydrographie) de 2 Km de large.
Gros plan sur cette Brassicaceae
Mesures sur une station de Chou de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica)
Les manipeurs sont mis à contribution pour la prise de notes.
Le Pouce pris dans les nuages (presqu'île Ronarch)
Du 4 au 15 mai - l'Île de Mayes
Petit clin d’œil de Mayes sous la neige
Nous goûtons au joie des fouilles de terrier sous la neige; cela a son charme! Les Pétrels gris (Procellaria cinerea) ont débuté leur reproduction; ils sont au stade de l'incubation. Les couples de Pétrel bleu (Halobaena caerulea) occupent leur terrier en phase postnuptiale et animent bruyamment les nuits de leurs chants et de leurs cris. Les jeunes de Pétrel à tête blanche (Pterodroma lessoni) commencent doucement à prendre leur envol.
Mayes, l'Île de Penn et la presqu'île Ronarch
Du premier au dernier plan.
L'Auberge du Gros Pétrel Rouge sous la neige
Le Chou de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica) à Mayes
Du 16 au 19 avril - Tour Courbet
L'appel de la Péninsule Courbet.
Les manips nous conduisent une nouvelle fois à faire le tour de la partie plaine de la Péninsule Courbet. Nous effectuons le tronçon PAF-Cataractes-Cotter-Noir-Ratmanoff, une histoire de 70 Km.
Buts de l'opération :
- équiper des Gorfous macaronis (Eudyptes chrysolophus) de micro-capteurs de lumière (notamment), ces mouchards de nouvelle génération permettront à coût relativement réduit (comparativement à des balises GPS et Argos) de découvrir les sites pélagiques hivernaux fréquentés par ces manchots;
- établir le taux de survie des poussins de Manchot royal (Aptenodytes patagonicus) suivis au Cap Ratmanoff.
Adulte et poussin de Grand Albatros (Diomedea exulans)
Ici âgé d'environ deux semaines, l'unique petit du couple sera dorloté pendant un mois en alternance par les deux parents. Puis il sera livré à lui même thermiquement parlant jusqu'à son envol en novembre prochain. En arrière plan : l'Anse Betsy et la Baie des Cascades.
Le Grand Albatros (Diomedea exulans) est une espèce à reproduction biennale en raison d'un cycle très long et très énergétivore. En moyenne, le Grand Albatros se reproduit à partir de l'âge de 11 ans.La stratégie de cette espèce, comme celle de la plupart des oiseaux marins de Kerguelen, est basée sur une grande espérance de vie des adultes.
Visite du Mont Campbell (143 m)
Notre manip à Cap Cotter sur les Gorfous macaronis (Eudyptes chrysolophus) nous donne l'opportunité de faire un saut au Campbell (deuxième point culminant de la plaine Courbet après le Mont Peeper - 187 m) qui a le mérite d'offrir une vue imprenable sur le reste de Courbet.
Petit bémol sur cette butte : nous n'y avons malheureusement pas découvert de bouteille du précieux liquide du même nom...
Vue sur les étangs et les souilles vers Cap Cotter
Le Cap Rohan : royaume de l'Otarie de Kerguelen (Arctocephalus gazella)
Vue du Mont Campbell à partir du Cap Rohan
Rohan constitue la plus grande colonie d'Otarie de Kerguelen (Arctocephalus gazella) de Courbet avec un effectif dépassant 2 000 femelles reproductrices. L'espèce avait quasiment disparu de Courbet suite à l'exploitation intensive menée par les phoquiers en particulier au XIXème siècle. Les populations se sont reconstituées durant les quarante dernières années.
Puisse cette photographie faire passer un tant soit peu la magie qui se dégage de ce Cap. Seule la faune sauvage est véritablement la maîtresse des lieux.
Le Manchot papou (Pygoscelis papua) au Cap Rohan
Le Cap Ratmanoff et ses Royaux!
Formation des crèches de Manchot royal (Aptenodytes patagonicus)
Depuis les éclosions massives de février, les poussins ont bien grandi : ils ont ici un peu plus de deux mois.
Les chiffres de 2007 :
Au Cap Ratmanoff, où "siège" la plus grande manchotière de Kerguelen, et l'une des plus grandes du monde pour cette espèce de Spheniscidae, l'effectif 2007 avoisine les 220 000 couples.
De son côté, le Cap Digby abrite deux des trois colonies de Manchot royal (Aptenodytes patagonicus) de la Péninsule Courbet.La colonie Nord compte environ 35 000 couples et la colonie Sud environ 70 000 couples.
Soit plus de 300 000 couples reproducteurs pour la Péninsule Courbet et plus précisement pour sa partie plaine, seule à héberger du Manchot royal reproducteur.
Ratmanoff : ses Manchots, sa cabane scientifique (IPEV)
La cabane s'appelle "le Guetteur"; elle est dotée d'une nouvelle cuisine baptisée "la Taverne du Cachalot" : cabane rouge. Bravo à l'équipe pafienne* qui s'est mobilisée pour la construction!
NDLR : * relatif à Port-aux-Français (PAF)
Du 10 au 14 avril - OP-1 à Port-aux-Français
C'est la première OP de l'année (exceptée l'OP-0 de janvier), c'est à dire l'arrivée du Marion Dufresne, bateau ravitailleur des îles subantarctiques françaises, effectuant la rotation entre les trois districts et La Réunion.
Une OP c'est beaucoup de choses : une grosse opération logistique avec un ravitaillement matériel, en vivres (dans notre cas des produits frais trop frais...), le courrier, et c'est aussi le départ des campagnards d'été et des derniers hivernants, et l'arrivée de nouveaux hivernants.
Le Marion Dufresne au mouillage devant Port-aux-Français
Départ d'hivernants par rotation hélico.
Le moment des départs et des arrivées sur la DZ (Drop Zone)
Toute la base est rassemblée à proximité de la Drop Zone pour saluer les partants et accueillir les nouveaux arrivants.
Du 23 mars au 2 avril - Canyon des Sourcils Noirs
Au programme des festivités : baguage des poussins d'Albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophrys) et d'Albatros fuligineux (Phoebetria palpebrata), pose de "mouchards" sur des adultes de Sourcils Noirs.
Sur les hauteurs du Canyon : brumes matinales
Le site d'étude ornithologique de Sourcils Noirs se situe sur la presqu'île Jeanne d'Arc, au sud-est de Kerguelen.
Le chalet de Sourcils Noirs (IPEV) au fond du Canyon
Le chalet se situe au bord de l'Albéric, petite rivière descendant du plateau de Hurlevent.
Vue plongeante sur la colonie de Macaronis et de Sourcils noirs
En bas des falaises, dans les roches volcaniques ocres, on distingue une arche, celle-ci n'est pas effondrée!
De nombreuses arches de toutes tailles se forment sur les littoraux de l'archipel. Celle de la Baie de l'Oiseau, au nord-ouest de Kerguelen (Péninsule Loranchet), est la plus connue. Elle est effondrée depuis le début du XXème siècle.
Une partie de la colonie de Gorfou macaroni (Eudyptes chrysolophus) de Sourcils Noirs occupe le sommet de l'arche.
Albatros fuligineux (Phoebetria palpebrata) et son petit
Gros plans du poussin
L'Albatros fuligineux (Phoebetria palpebrata), comme le Grand Albatros, est une espèce à reproduction biennale en raison d'un cycle très long et très energétivore. En moyenne, l'Albatros fuligineux se reproduit à partir de l'âge de 12 ans.La stratégie de cette espèce, comme celle de la plupart des oiseaux marins de Kerguelen, est basée sur une grande espérance de vie des adultes.
Chaque couple élève donc un jeune tous les deux ans. La population de Kerguelen s'élève à près de 4 500 couples. La population du Canyon des Sourcils Noirs est la seule à être étudiée dans l'archipel des Kerguelen.
Jeunes Albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophrys)
Nourrissage par un parent
Le bol alimentaire se compose essentiellement de Calmars mais aussi de restes animaux (charognage).
Le GLS : "mouchard aviaire"
Le GLS (Global Location Sensing) est une technologie récente, très miniaturisée. Ce dispositif électronique fixé sur une bague plastique (darvik), elle même fixée sur la patte de l'oiseau, enregistre la durée du jour, la température et le contact ou non avec l'eau. Ce système, doté d'une horloge interne très précise, permet de déterminer la position d'un oiseau au cours de mois voir d'années de pérégrinations en haute mer. Cela est rendu possible grâce à une exploitation fine des enregistrements après récupération du dispositif. La mesure de lumière permet de déterminer la longitude et la température, la latitude (suivant les isothermes de la mer).
De précision moindre qu'une balise Argos ou GPS, le GLS a notamment l'énorme avantage de coûter 10 à 40 fois moins cher (suivant les modèles comparés). Le GLS permet ainsi de travailler sur des échantillons plus grands et donc plus significatifs.
Petit clin d'oeil au Gorfou macaroni (Eudyptes chrysolophus)
Couple de Gorfou macaroni (Eudyptes chrysolophus) revenu muer sur son site de reproduction, en-dessous d'un Chou de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica) suspendu à la falaise.
Portraits de Macaronis
Vue sur le Halage des Naufragés
Le Halage des Naufragés constitue une étroite bande de terre - la seule et l'unique - reliant la presqu'île Ronarch à la presqu'île Jeanne d'Arc où se situe le Canyon des Sourcils Noirs. La partie maritime de gauche donne sur le Golfe du Morbihan (Bras Bolinder) et la partie droite (Baie Greenland) donne sur la haute mer.
Les zones vertes sur le versant correspondent à tapis d'Azorelle (Azorella selago).
Vue sur le Grand Sault (presqu'île Jeanne d'Arc)
Vue sur le Grand Sault et en arrière plan sur les Arènes, le tout à partir du Halage des Naufragés.
120607
Du 12 au 13 mars - Cap Ratmanoff
Les crèches de Manchot royal (Aptenodytes patagonicus)
Elles se forment petit à petit au sein de la colonie avec les jeunes qui grandissent et atteignent leur indépendance thermique.
En bordure de colonie...
...les éclosions ont été plus tardives. Cela s'inscrit dans la logique chronologique de l'installation des couples du centre vers la périphérie. De ce fait, on observe encore des jeunes sous la garde des parents; ces poussins ne sont pas encore indépendants thermiquement.
Jeune poussin se dissimulant dans la poche incubatrice d'un parent
Et un p'tit coup d'oeil à l'extérieur pour un autre poussin!
Et dans la série des faits divers...
Visite d'une Otarie de Kerguelen (Arctocephalus gazella)...
... elle même visitée par une bande de Manchots, bien curieux.
Et pour le plaisir des yeux...
Du 1 au 5 Mars 2007 - Île de Mayes
Vue générale de Mayes
L'Île de Mayes est depuis le milieu des années 1980 l'objet d'études démographiques avifaunistiques, notamment sur les populations de Pétrels.
Une partie significative de l'île est encore couverte par la végétation autochtone, en particulier des tapis d'Azorelle (Azorella selago) alternant avec du Chou de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica). C'est notamment dans ce type d'habitat, et plus particulièrement dans le substratum tourbeux, que les Pétrels creusent de longs terriers pour leur reproduction.
Notre courte manip porte notamment sur le Gorfou sauteur (Eudyptes chrysocome) :
Poussin et individu non reproducteur en mue
Gros plan sur un poussin
Visite d'un jeune Cormoran de Kerguelen (Phalacrocorax verrucosus)
Conclusion scientifique du jour : le Cormoran de Kerguelen (Phalacrocorax verrucosus) a des affinités avec Le Chameau (NDLR : bottes).
110307
Février 2007 à Ratmanoff - La cabane du Guetteur à Ratmanoff - 1 sur 6
Après quelques semaines d'absence de la toile au grand désespoir de ma famille et des amis fidèles au blog, voici quelques éclairages sur LA manip' du mois de février.
Encore merci pour vos messages et méls de commentaires et de soutien. Pris par mes manips' sur le terrain, je ne peux malheureusement pas vous répondre à tous dans l'immédiat.
Petite précision sur la dernière page laissée en janvier (Tour Courbet). Les débris du naufrage photographiés sur le nord de la Péninsule Courbet sont ceux du Rosswell King, un bateau qui a sombré en 1863 en s'abîmant sur les Rochers du Désespoir au large de l'Anse Betsy au nord-est de Kerguelen (Source : DUCHÊNE 1989).
Le mois de février à Kerguelen, c'est synonyme de Manchot royal (Aptenodytes patagonicus) pour les VAT ornitho! C'est la deuxième plus grande espèce au monde de Manchot après l'Empereur que l'on trouve en Antarctique (ce dernier mesure 1,15 m et pèse près de 30 Kg versus 90 cm et 13 Kg pour le Royal). La manip' conduit donc 3 loustiques (les deux nouvelles recrus et mon prédécesseur de la 56e) sur les traces du Cap Ratmanoff. La zone abrite l'une des plus grandes manchotières du monde (la plus grande est dans l'Archipel de Crozet). La colonie s'étend sur plus d'1 Km. Nous en avons dressé les contours au GPS ce qui nous permettra d'en connaître la surface...Suspens pour le moment. Cette information couplée aux photographies que nous avons prises par hélicoptère en décembre dernier permettra de connaître précisément la densité d'oiseaux incubateurs.
Nous investissons donc la cabane du "Guetteur" pour un mois afin d'étudier de plus près ces "Penguins" comme les appellent nos collègues anglo-saxons.
Une "foule" de plusieurs centaines de milliers de Manchots en habits de soirée sont là pour nous accueillir. Ils ont le noeud pap', les boucles d'oreilles, la veste grise et la chemise blanche qui vont bien!
Des fois nous nous demandons qui est l'observateur et qui est l'"observé"!
C'est à se demander dans l'histoire si nous ne sommes pas les "animaux de cirque" de la Manchotière.
De nature très curieuse, le Royal vient nous rendre visite jusque sur le palier de la cabane (vue de la porte de la cuisine-observatoire à travers le carreau)!
Le Royal comme beaucoup d'autres espèces d'oiseaux (au stade adulte) dans les TAAF n'a pas de prédateurs terrestres et est peu habitué à l'Homme, et donc ne le crains pas plus que cela (ce qui répondra aux interrogations de certains d'entre vous). Par ailleurs, toutes ces espèces sont protégées depuis plusieurs dizaines d'années ce qui les épargnent des impacts de manip' cynégétiques (stress notamment modifiant le comportement vis à vis de l'Homme).
Notre animal n'hésite pas à venir chatouiller du bout du bout du bec le chat du coin : "Guetteur"! Ce dernier a été équipé d'un collier VHF par notre collègue VAT "Popchat" pour étudier ses déplacements, en particulier de chasse. Le chat (Felis cattus) est une espèce introduite à Kerguelen qui n'est pas s'en créer quelques soucis, notamment à l'avifaune locale. Le chat a développé des adaptations à la vie insulaire sub-antarctique en interactions avec d'autres espèces introduites (d'ailleurs invasives) et autochtones (ou indigènes selon la terminologie consacrée). C'est encore une autre histoire. L'archipel des Kerguelen - de la taille de la Corse - abriterait entre 7000 et 8000 Felis.
Février 2007 à Ratmanoff - La quête australe du Royal - 2 sur 6
Notre arrivée à Ratmanoff coincide avec les premières éclosions. L'incubation a débuté il y a environ deux mois pour le plus gros des troupes.
Notre étude consiste en autres à étudier les stratégies de recherches de nourriture dans l'Océan Austral des adultes reproducteurs et le succès reproducteur (et ce d'années en années suivant les fluctuations environnementales). Pour ce faire, nous marquons temporairement des couples afin notamment d'étudier leur gain de masse suite à leur voyage en mer.
Les parents alternent l'incubation de l'unique oeuf puis la garde du poussin jusqu'à ce qu'il soit indépendant thermiquement.Le Manchot ne fait pas de nid. Il dépose son oeuf sur ses pieds et l'insère dans sa poche incubatrice (en bas du ventre), de même pour le poussin.
Incubation alternativement par le mâle et la femelle

Garde du poussin alternativement par les deux partenaires
De plus, nous équipons des individus de balises Argos (localisation par satellites) et de capteurs spéciaux (à température, lumière, profondeur notamment) pour connaître précisément leurs déplacements dans l'Océan Austral. Certains voyages ont été très longs cette année (parfois 3 semaines) et un individu est même parti vers l'Antarctique!
Globalement les voyages avoisinent un peu plus d'une semaine et les gains de masse peuvent atteindre 30% de la masse initiale! En moyenne, les adultes de Royaux pèsent 13 Kg ce qui rend parfois la manutention des animaux quelque peu sportive.
Les Manchots royaux sont capables de prouesses techniques époustouflantes : ils plongent jusqu'à 323 m de profondeur, sans paliers!, font des apnées de 10 mn (tout en "pédalant" à plein régime), parcourent des centaines (parfois milliers) de Km en mer entre deux relèves. Leur plumage est extrêmement dense et en cela assure notamment l'imperméabilité (en plus de la sécrétion de la glande uropigienne située près du croupion), l'isolation (l'eau aux abords de Ker est à +7°C actuellement*) et l'hydrodynamisme.
*NB : l'espérance de vie d'un homme tombé à la mer dans l'Océan Austral est seulement de quelques minutes. Les Manchots, eux, y passent 80% de leur temps!
Une part non négligeable de leur nourriture se compose de poissons des glaces (des Myctophidés) qui se situent (on ne l'aurait pas deviné) dans les eaux froides de l'Océan Austral.
Manchots en mer
De façon pratique, nous mesurons la masse des oiseaux lors de leur départ en mer et nous guettons de longues heures durant leur retour de mer (capture sur la plage avant que l'oiseau relève son partenaire : il faut être vif!). Cette opération de surveillance s'effectue du levée du soleil au coucher du soleil car les oiseaux peuvent revenir n'importe quand! La manip' dure au total 5 semaines. Certains oiseaux ne reculent devant rien et rentrent de nuit au grand damne des ornithos!
Séance de ratissage de Km de plage au jumelles. Pas question de relacher son attention, de retour, l'individu marqué ne doit pas être perdu de vue parmi les milliers d'oiseaux parcourant la plage.
Départ en mer après pesée et marquage

Doté notamment de brassards souples, l'ensemble du marquage est temporaire et totalement bénin pour l'oiseau. Ici, le Manchot mâle n°57, compagnon du n°12 qui vient de prendre la relève du précédent. Le Manchot femelle n°12 est parti 11 jours en mer et a pris 2,1 Kg. Le n°57 est revenu de mer au bout de 5 jours et a pris 2,8 Kg.
Retour de mer
Une "barrique"* de retour de mer
*appelation ratmanofienne
Étonnament après de si longs voyages en mer et avec une si lourde surcharge pondérale, les Manchots ont une "pêche" phénoménale! D'accord certains peinent un peu à avancer à terre mais ils ont une motivation déconcertante pour retrouver partenaire et poussin. Les ornithos en témoignent!
Comment retrouver son partenaire parmi plusieurs centaines de milliers de congénères?
Et bien le Manchot chante à gorge déployée en bordure de colonie : il "trompette". Le chant du mâle est lent et relativement grave, celui de la femelle est rapide et aigu (suivant les individus, les nuances ne sont pas toujours faciles à percevoir). Il écoute ensuite s'il obtient une réponse dans la colonie. Ainsi, il trouve son azimuth pour savoir où rentrer dans la masse. Après quelques coups de bec des voisins qui l'accueillent chaleureusement,il retrouve sa dulcinée ou son dulciné. Ensuite, la relève a lieu : l'oeuf ou le poussin passe des pieds et de la poche de l'un à l'autre. Cela peut durer 5 mn comme une journée... Nous guettons particulièrement ce moment pour capturer en sortie de colonie le partenaire partant en mer pour le marquer et le peser.
Mâle chanteur en bordure de colonie
Il cherche sa compagne!
Et voici à quoi ressembleront les poussins en février 2008, ils auront leur plumage juvénile :
Ces oiseaux en pyjama brun ont éclos en janvier-février 2006. Dans quelques semaines, ils auront leur plumage d'immatures, c'est à dire un plumage proche des adultes mais pas si coloré. Les joues sont par exemple jaune citron au lieu d'être orange vif. Le cycle de reproduction avoisine les 16 mois chez le Royal.
Février 2007 à Ratmanoff - Pour le plaisir des yeux - 3 sur 6
Portrait royal, portraits royaux
Royaux et Eléphant de mer (Mirounga leonina)
Royaux et Skua subantarctique (Catharacta [skua] lonnbergi)
Un Manchot un peu particulier
C'est un Manchot royal mélanique; il présente une aberration de pigmentation. A Ratmanoff, nous avons vu ce mélanique total mais aussi un mélanique partiel (bas-ventre blanc).Ils suscitent un peu la curiosité des congénères mais se reproduisent sans problèmes "sociaux".
Vues générales de la plage à Ratmanoff
Noter les mouvements d'individus entre la mer et la colonie.

































































